Instruction de la DGOS du 23 décembre 2011

La CRPCE demande à la DGOS d’étendre la liste des établissements autorisés à effectuer l’explantation des prothèses PIP

Le 23 décembre 2011, la Direction Générale de l’Offre de Santé (DGOS) a publié son instruction concernant l’explantation des prothèses mammaires PIP. Cette instruction prévoit la prise en charge de l’explantation si celle-ci est effectuée dans un établissement pratiquant des actes à visée thérapeutique.

La Clinique du Rond-Point des Champs-Elysées (CRPCE) est un établissement autorisé à pratiquer les actes de chirurgie esthétique mais pas les actes à visée thérapeutique pour des raisons administratives liées à la prise en charge par la sécurité sociale.

La sélection des établissements par la DGOS s’oppose au libre choix du praticien et de la patiente pour l’établissement alors que toutes les cliniques autorisées sont techniquement à même de prendre en charge les patientes.

De plus, devant l’ampleur du problème sanitaire provoqué par les prothèses PIP et le nombre  de femmes concernées (30 000 rien que pour la France), il est nécessaire d’augmenter le nombre des blocs opératoires pouvant pratiquer l’explantation des prothèses pour répondre rapidement à toutes les demandes.

Ces blocs opératoires existent déjà. Ce sont les blocs des établissements autorisés de chirurgie esthétique qui ne pratiquent pas d’actes à visée thérapeutique et qui ont été écartés par la DGOS. C’est pourquoi, dans un courrier du 6 janvier 2012, Michel Cohen, Président de la CRPCE, demande à la DGOS de faire figurer les établissements de chirurgie esthétique sur la liste des structures pouvant pratiquer les explantations et de faire bénéficier les patientes de la prise en charge des frais.

Déjà depuis 18 mois, la CRPCE, sensible à la détresse des patientes concernées, et avec des associations de patientes porteuses de prothèses PIP, a mis en place un forfait comprenant l’explantation, la fourniture de nouvelles prothèses et leur implantation au tarif de 2500€. Cette action a été possible avec le concours des chirurgiens, des médecins anesthésistes et des laboratoires fabricant les prothèses conformes.

Si les établissements de chirurgie esthétique étaient autorisés, ce forfait permettrait aux porteuses de prothèses PIP de réduire l’implantation à un prix avoisinant les 700€.

La CRPCE attend la réponse de la DGOS qu’elle espère favorable et la communiquera aussitôt.

Télécharger la lettre de Michel Cohen à la DGOS

Note informative de la CRPCE – 4 janvier 2012

Entre 1997 et 2002, les prothèses au gel de silicone n’étaient pas autorisées en France, sauf pour la reconstruction après cancer et avec autorisation expresse de la DRASS.

Nous utilisions donc des prothèses au gel de sérum physiologique, sans danger pour la santé, mais qui ont tendance à perdre du volume au fil des ans.

Les prothèses au gel de silicone ayant été autorisées en France à partir de 2002, nous utilisons depuis cette date les prothèses de marque Inamed, McGhan, Allergan, Arion.

Nous n’avons pas utilisé les prothèses PIP au gel de silicone, uniquement celles au gel de sérum physiologique qui ne sont pas toxiques.

Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir.


Communiqué de presse de l’AFSSAPS – 30 décembre 2011

Actualisation des données d’incidents déclarés chez les femmes porteuses d’implants mammaires en gel de silicone PIP.

Dans le cadre du comité de suivi des femmes porteuses de prothèses mammaires PIP mis en place, mi décembre 2011, par le ministère de la santé, il a été décidé de mettre à disposition sur le site de l’Afssaps les données de surveillance. Ces données de surveillance sont actualisées 2 fois par mois.

A la date du 28 décembre 2011, les données actualisées de matériovigilance indiquent 1 143 ruptures de prothèses et 495 réactions inflammatoires avec ou sans perspiration du gel à travers l’enveloppe. De plus, 20 cas de cancers ont été rapportés chez des femmes porteuses d’implants PIP (1 cas de lymphome anaplasique à grande cellules, 15 cas d’adénocarcinome mammaire, 1 cas de lymphome amygdalien, 1 cas de lymphome folliculaire, 1 cas d’adénocarcinome du poumon et 1 cas de leucémie aigüe myéloblastique).
Par ailleurs, 672 explantations préventives effectuées à la demande de la patiente ont été déclarées à l’Afssaps, dont 23 ruptures et 14 perspirations découvertes à l’explantation.

L’Afssaps précise que l’actualisation de ces données ne remet pas en cause les conclusions du groupe d’experts de l’Inca indiquant qu’à ce jour l’imputabilité entre les cas de cancer et le port d’implants PIP n’est pas établi. Le nombre de cancers du sein à ce jour rapporté chez les femmes porteuses d’implants PIP reste inférieur au taux observé dans la population générale.
L’augmentation du nombre de signalements depuis le 14 décembre 2011 est notamment due à la transmission groupée de signalements communiqués par une association de patientes.
Enfin il est rappelé qu’un numéro vert a été réactivé depuis le 25 novembre 2011 : 0800 636 636. Il fonctionne du lundi au samedi de 9h00 à 19h00.
Des informations complémentaires sont disponibles sur le site de l’Afssaps www.afssaps.fr